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BonPlan
N° 93 Janvier - Février 2007
2 expériences
de l’insertion par l’activité économique
Par Danièle Lanfrey
La
question de l’insertion professionnelle est au cœur des
préoccupations de chacun d’entre nous et face au phénomène
de masse du chômage, à l’augmentation du nombre
des précaires. Des dispositions ont été prises
au cours des années pour tenter d’y remédier
; le désormais célèbre plan de cohésion
sociale (dit aussi « loi Borloo ») est la dernière
en date.
Au centre de ces dispositifs complexes, se trouve le volet de l’insertion
par l’activité économique, le point commun des
deux témoins que nous vous présentons dans cet article
.
Pour mieux saisir cette réalité,
empruntons donc l’itinéraire de deux bénéficiaires
de contrats d’insertion sur deux structures, parmi tant d’autres
(entreprises de travail temporaire d’insertion, entreprises
d’insertion, régies de quartier, chantiers d’insertion,
etc.), différentes du point de vue de leur fonctionnement.
Notre enquête sur le terrain révèlera ce que
peut être un parcours d’insertion.
L’une de ces personnes a été recrutée
par le chantier d’insertion « Le Fournil » tandis
que l’autre a été embauchée par une association
intermédiaire, « Emploi 38 ».
L’association intermédiaire, à la différence
du chantier d’insertion, recrute des personnes pour les mettre
à la disposition d’utilisateurs (entreprises, particuliers
etc.). Elle fonctionne un peu comme une agence d’emploi temporaire.
Le parcours d’Adrien…
Adrien occupe un emploi d’agent d’entretien
au Fournil, chantier d’insertion situé à Grenoble,
qui est aussi un lieu de rencontres et d’échanges pour
les personnes en difficulté.
Ce n’est pas seulement un lieu d’accueil et de convivialité,
c’est également un lieu-ressource pour les usagers
et notamment les habitués qui peuvent recourir aux compétences
des assistants sociaux qui les accompagnent.
Il règne au Fournil un climat de confiance et d’entraide
entre usagers et salariés propice à relever maints
défis. Adrien y est en contrat depuis août 2006. Il
est de ce fait en début de parcours d’insertion. Auparavant,
il travaillait pour l’armée en tant que magasinier-comptable-gestionnaire.
À présent, il est chargé du nettoyage des locaux
du chantier d’insertion. Il est actuellement en contrat d’avenir
et est employé à raison de 26 heures par semaine,
à hauteur du SMIC. Il est plutôt satisfait de son emploi,
mais c’est forcément du provisoire puisque la durée
du contrat de travail (contrat aidé) est limitée par
nature .
Le contrat aidé n’est pas une finalité en soi
: c’est un tremplin vers l’emploi, un outil à
un moment précis du parcours. Le contrat de travail en structure
d’insertion par l’activité économique
(SIAE) ne peut excéder une durée de 24 mois maximum
par le biais de CDD renouvelables.
Les personnes en parcours d’insertion rencontrent en général
des difficultés sociales et/ou professionnelles, etc. qui
constituent des obstacles à la reprise d’activité.
Néanmoins, lorsque que vous travaillez au sein d’une
structure d’insertion, vous bénéficiez à
la fois d’un accompagnement social et professionnel pris en
charge par un(e) chargé(e) d’insertion en vue de la
constitution d’un projet professionnel et de l’aplanissement
des difficultés individuelles, conditions indispensables
à l’intégration ou à la réintégration
du monde du travail.
Adrien a ainsi pour projet de passer un permis complémentaire
pour la conduite de poids lourds.
… et celui de Yahya.
Nous pouvons nous référer au témoignage
d’une autre personne qui travaillait auparavant pour Emploi
38 : Yahya, ouvrier d’une quarantaine d’années,
d’origine marocaine.
Emploi 38 met ainsi à disposition des entreprises ou des
particuliers, du personnel de maintenance, d’entretien ou
d’embellissement des espaces verts.
Ce sont des activités d’utilité sociale. L’objectif
est de reprendre confiance en soi en retrouvant une activité
économique.
À Emploi 38, une conseillère d’insertion accompagne
chaque salarié de façon à obtenir une formation
qualifiante ou faciliter l’obtention du permis de conduire,
entre autres exemples.
Yahya, à son arrivée en France, s’est inscrit
à l’ANPE très rapidement et n’a pas pu
trouver un emploi parce que son expérience professionnelle
acquise dans son pays d’origine n’avait pu être
prise en compte en France.
Il a bénéficié alors d’une prescription
de la part de son animatrice d’insertion pour Emploi 38.
On lui a confié des missions en l’orientant dans un
premier temps vers des activités qui ne nécessitent
pas de qualification.
Il a connu des expériences diverses dans la restauration
ou le bâtiment : il a été tour à tour
aide-cuisinier, plongeur, ouvrier et il a été rémunéré
à hauteur du SMIC pour remplir des missions hebdomadaires
de 35 heures.
À présent, il se situe à la fin de son parcours
d’insertion : il a obtenu un emploi d’agent d’immeuble
pour le compte de la société ACTIS et il prépare
un CAP afin qu’on lui confie des tâches plus complexes
en CDI, dans son domaine professionnel.
Yahya nous parle avec chaleur et conviction de l’aide que
lui a apportée Emploi 38. Cette structure lui a proposé
tout d’abord dans le cadre d’un contrat aidé
des travaux provisoires représentant une solution d’attente
acceptable.
Sans la contribution d’une structure d’insertion, il
serait à l’heure actuelle complètement démuni
: Emploi 38 lui a permis d’intégrer le monde du travail.
L’insertion par l’activité économique
est un concept intéressant en soi, mais à la sortie
du parcours d’insertion, on peut se demander quels sont pour
l’usager les atouts ou ingrédients indispensables à
réunir pour prendre de fait sa place au sein du monde du
travail.
C’est en tout cas la mission qui est confiée aux structures
d’insertion.
Ces différentes expériences soulèvent
une question cruciale et complexe : qu’est-ce qu’un
parcours d’insertion réussi en définitive ?
Le Fournil
2, rue George-Sand
38 100 Grenoble
Tél. : 04 76 22 35 58 |
Emploi 38
55, avenue Maréchal-Randon
38 000 Grenoble
Tél. : 04 76 44 35 88 |
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