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BonPlan N° 94 Mars - Avril 2007

Tour d’horizon sur les élections présidentielles

Des promesses, toujours des promesses
La valse des pantins

Médias et manipulation

Être à la hauteur
Electeurs sous influence


Des promesses, toujours des promesses
Par Patrick Poissonnier

À l’approche des élections, les promesses électorales se multiplient comme des petits pains. Mais, combien seront tenues ?
Si certains d’entre nous seront déçus le soir même, les autres risquent fort de l’être les mois et années qui suivent.
Dans toutes les branches professionnelles, les salariés sont tenus à des obligations de moyens et de résultats au risque de perdre leur emploi. Pourquoi, les élections passées, les élus, eux, peuvent-ils oublier leurs promesses ?
Dans une véritable démocratie, la moindre des choses serait que leurs promesses soient un véritable engagement contractuel vis-à-vis des électeurs : nous devrions pouvoir les révoquer si, sans raisons valables, ce contrat n’est pas respecté.
Au travers des élections, nous leur déléguons notre pouvoir, mais en aucun cas nous ne devrions leur donner carte blanche pour faire ce que bon leur semble pendant leur quinquennat.
Mais combien se souviennent des promesses d’il y a 5 ans ? Celles qui ont été respectées, non respectées, et pour quelles raisons ? Aussi longtemps que notre participation à la politique se limitera au bulletin de vote, il sera facile aux élus de continuer comme aujourd’hui.
Issu d’un recueil de contes arméniens :
« Tu me trompes une fois : honte à toi ! Tu me trompes deux fois : honte à moi ! »

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La valse des pantins
Par Jean-Pierre Marotta

Quand les débats s’émoussent, on appelle parfois les vedettes à la rescousse. ça ne fait pas avancer le schmilblick mais ça fait du bien, tout ce soutien – c’est grand public, cette valse des pantins…

• François Bayrou pourra compter sur le soutien de Patrick Sébastien (tourneur de serviettes) ; c’est pas rien. Après la claque à un pickpocket, à quand le coup de tête à un maniaque ?
• Pour son dernier baroud, Jean-Marie Le Pen sera accompagné par Mégret (commissaire insoumis) et Alain Soral (marxiste hors-piste) – ça fait mal à la France…
• Ségolène Royal sera soutenue par Bernie Bonvoisin (ancien jeune en colère) et Bénabar (chanteur de comptoir). Philippe Sollers (rabat Joyce) ne sera jamais loin des militantes en attente d’un petit câlin…
• Nicolas Sarkozy décroche le pompon, avec Johnny Halliday (monstre suisse en exil), Doc Gynéco (racaille fiscale), Pascal Sevran (sexologue ès famines en Afrique) et Steevy Boulay (militant du spectacle) – on n’a que les soutiens qu’on mérite…
Il n’y a pas que 4 candidats mais les autres, on n’en parle pas… Quant à tous ces soutiens, ils nous font parfois oublier les politiciens et leurs programmes. La preuve : ces quelques lignes qui n’en contiennent pas le moindre gramme…

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Médias et manipulation
Par Frédéric Sougey

(attention, un message subliminal se cache dans ce texte)

Voter : exprimer son opinion par un suffrage (déf. du Petit Robert). Ou : laisser penser aux gens qu’ils n’expriment que leurs convictions personnelles. Triste constat à faire mais qui pourtant s’impose. En 2002, les médias nous avaient déjà fait le coup. Zorro télévisuel, TF1 nous avait gratifié de 54 sujets sur l’insécurité du 1er au 21 avril. Avec le désormais célèbre “Papy Voise” en tête d’affiche.
Les griefs contre la politique jospinienne avaient alors porté leurs fruits. Aujourd’hui, l’histoire semble encore s’être répétée. Uniformité dans le traitement de l’information, acharnement quasi systématique contre certains candidats, peu importe la chaîne allumée, l’ivresse semble assurée. Cet état de lobotomisé malléable dans lequel on cherche à nous plonger n’est pas une fatalité. Heureusement, ou du moins j’ose l’espérer, nous ne sommes pas des marionnettes articulées quand vient le moment de glisser notre bulletin dans l’urne.
En tout cas, le 22 avril, ne laissez aucun “papy Voise” vous influencer !

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Être à la hauteur
Par Marie Guyard

Suivre la campagne électorale pourrait faire croire à un observateur naïf que la course à la magistrature suprême n’est qu’un concours du meilleur conseiller en communication… Or, être Président, c’est un peu plus que ça…
• Tout d’abord, au contraire d’autres pays, en France, c’est le Président qui gouverne : il choisit le Premier ministre. Certes, il doit le choisir dans la majorité de l’Assemblée, mais comme la cohabitation a peu de chances de se reproduire, il peut choisir un Premier ministre qui appliquera pleinement ses idées.
• Il gouverne seul sur les domaines réservés que sont la défense et la politique étrangère : il est le chef des armées, et négocie les traités avec les autres pays.
• En dehors de la mise en place de sa politique, le Président est aussi le gardien des institutions ; c’est lui qui garantit l’indépendance de la justice : il doit veiller à ce que les juges puissent rendre justice sans être influencés.
• Il garantit le respect de la Constitution.
• Il a également la possibilité de gracier un condamné.
Quand on ajoute à tout ça qu’il est quasiment inamovible, pas étonnant qu’on parle de pouvoir monarchique, comme au bon vieux temps du Roi Soleil…

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Electeurs sous influence
Par Danièle Lanfrey

La campagne électorale bat son plein. Les candidats se livrent à des courses marathons pour respecter le calendrier de leurs meetings…
Les médias convoquent alors les sondages à tout moment pour un matraquage en règle.
Bien qu’ils se fondent sur un échantillonnage de la population française portant sur une tranche de 1 000 personnes auxquelles on pose des questions fermées, et forcément partiales, les journalistes relaient les bonimenteurs et vous annoncent, sur un ton sans appel, des résultats plus hypothétiques encore que les prévisions météo.
L’opinion changerait d’orientation politique comme une girouette d’un jour à l’autre…
Certains esprits malléables peuvent se laisser berner et pensent que “les jeux sont faits” désormais : ils peuvent ne pas voir l’utilité d’aller voter quant les sondages assurent que le candidat de leur choix est battu d’avance.

Nous ne devons pas être des électeurs sous influence : les élections présidentielles ne se résument pas à une gigantesque loterie. Parce qu’il est toujours dangereux de laisser les autres décider à notre place, chacun devra se déterminer en fonction de convictions politiques profondes afin que le moment venu sa voix pèse de tout son poids…

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