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BonPlan N° 94 Mars- Avril 2007

À l’heure où blanchit la campagne …
Par Marie Guyard

La campagne bat son plein, et avouons-le, que nous soyons d’un bord ou de l’autre, que nous nous sentions plus ou moins concernés, nous sommes tous à l’affût du moindre bruit de couloir.
Les candidats sont partout : émissions politiques (on peut comprendre), mais aussi de divertissement. Impossible de lire une interview d’artiste ou de sportif sans que se profile le spectre de l’ultime question : « Pour qui allez-vous voter ? »
La campagne est omniprésente… Parce que les Français sont passionnés de politique ?
L’abstention étant pronostiquée au même niveau qu’en 2002, on peut en douter. Il existe peut-être une raison plus banale, plus humaine aussi, à toute cette effervescence électorale : celle qui nous fait nous attarder devant un match de foot (alors qu’on déteste le ballon rond) ou Rocky IV (alors qu’on est allergique aux gants de boxe) : qui gagne à la fin ?
Ajoutez à cela notre goût tout français (et cultivé !) pour les belles phrases et le panache (« et à la fin de l’envoi, je touche ! »*), notre fièvre à l’annonce du moindre lapsus s’explique probablement. Nous prenons notre pied à assister à une compétition de belles phrases et de promesses.
On pourrait dire que ce n’est pas grave, qu’il vaut mieux s’intéresser à la politique pour de mauvaises raisons que ne pas s’y intéresser du tout. Peut-être.
Mais une compétition et une élection présidentielle, ce n’est pas la même chose : c’est sûr, dans les deux cas, on
pleure ou on explose de joie à l’heure des résultats. Mais n’oublions pas qu’avoir la meilleure répartie n’est pas forcément un gage de réussite pour gérer les problèmes d’une société pendant cinq ans. Le talent d’orateur ne doit pas guider notre choix.
Et puis, assister à une compétition, c’est être spectateur, alors que voter c’est être un acteur de ce que la société va être pendant cinq ans. Un petit acteur, c’est vrai, mais un acteur tout de même.
Alors, comme l’a dit Hugo (Victor, pas Boss !) : Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, je partirai…voter !

* Ah ! Les duels dans Cyrano de Bergerac…

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