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N° 96 Juillet - Août - Juillet 2007
La grande bouffe
Par Raphaël Ollivier-pallud
Ces
dernières années, beaucoup de scandales alimentaires
ont fait du bruit comme celui de la vache folle, des organismes
génétiquement modifiés (OGM), des poulets à
la dioxine, sans compter la toxicité de certains engrais
et autres pesticides. Et si l’agriculture biologique était
une alternative à l’agriculture intensive pour nourrir
l’humanité ?
L’agriculture intensive apparaît au
XIXe siècle avec, entre autres, la mécanisation, l’emploi
d’engrais et de pesticides de synthèse et la sélection
des plantes et des animaux en fonction de leurs rendements. Elle
se généralise après la Seconde Guerre mondiale.
Le label “bio”, tel que défini par le ministère,
concerne l’agriculture qui n’utilise pas d’éléments
chimiques de synthèse.
Malgré un rendement supérieur, l’agriculture
intensive n’est pas rentable pour autant et elle ne survivrait
pas sans les subventions de l’Union Européenne. De
plus, cette agriculture rend l’eau de plus en plus chère
à cause de la pollution qu’elle génère
(pour la France, 61% des nappes phréatiques et 96% des rivières
sont polluées, dont 47% de manière jugée excessive).
De son coté, l’agriculture biologique contribue «
à améliorer l’accès à la nourriture,
dans la mesure où elle permet l’accroissement de la
productivité et de la diversité des ressources […],
en favorisant l’augmentation des revenus des agriculteurs
»*. Selon ce même rapport de l’Organisation
des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
(FAO), cette agriculture peut produire suffisament pour nourrir
la population actuelle de la planète avec des aliments sains.
Par ailleurs, une part non négligeable de l’agriculture
des pays du Sud sert à l’élevage intensif en
Occident. Notre surconsommation de protéines animales crée
un manque certain au niveau de l’autosuffisance alimentaire
du tiers-monde, en plus des problèmes de santé qu’elle
engendre dans nos pays. Les pays du Sud produisent les céréales
qui nourrissent nos vaches et nous leur vendons à faible
prix (grâce aux subventions) nos surplus alimentaires, alors
qu’il serait tellement plus logique de produire sur place,
en évitant des transports inutiles générateurs
de pollution.
Il ne reste plus qu’à espérer que le super-ministère
de l’Écologie et du Développement Durable de
M. Borloo encourage la reconversion de la totalité de la
surface cultivée française à l’agriculture
biologique.
* "Agriculture biologique et sécurité
alimentaire". FAO, mai 2007.
http://www.fao.org
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