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N° 96 Juillet - Août - Juillet 2007
La rocade nord
Par Marie Guyard
Grenoble
pouvait jusque là s’enorgueillir d’être
en avance en terme de déplacements urbains : 2e ville française
à remettre le tramway au goût du jour, ligne de tram
C permettant 40% de voitures en moins sur les grands Boulevards.
Même la géographie si plate de la ville évite
aux cyclistes (et ils sont nombreux) d’arriver au terme de
leur parcours en soufflant comme un bœuf.
Mais ce tableau s’effrite, victime de la logique douteuse
du « Pour diminuer la voiture, construisons plus de routes
! ». Que ce soit le Conseil général, la Métro
ou la Mairie de Grenoble, les pouvoirs publics semblent prêts
à lancer dès que possible le fameux projet de rocade
nord : percer un tunnel sous la Bastille, et fermer ensuite le cercle
de la rocade sud pour permettre un contournement total de l’agglomération.
Un tel projet requiert l’entière approbation des habitants
concernés, c’est ce que laisse supposer la vaste consultation
organisée ces dernières semaines : en gros, si vous
n’êtes pas d’accord, on ne le fait pas. Chiche
? En ces jours où la démocratie participative est
dans l’air du temps, il paraît judicieux de demander
leur avis aux intéressés. Or, début août,
certains attendaient encore le dit-questionnaire (à renvoyer
avant le 11 août !), alors que d’autres l’avaient
reçu fin juin.
Bel exemple de participation équitable !
De plus, la formulation des questions ne laisse que très
peu de doutes sur les réponses attendues. Par exemple, la
question 3 (Pensez-vous que la réalisation de la rocade-Nord
de Grenoble, pour réduire les “bouchons” et pour
diminuer le trafic urbain, soit : indispensable, utile ou inutile
?) laisse penser que la rocade nord diminuerait les bouchons de
manière certaine, alors que selon une étude réalisée
par la Direction Départementale de l’Equipement à
la demande du Conseil général, elle désengorgerait
un peu le centre-ville, et ne réglerait pas le problème
des bouchons. Il est évident que, tout à leur joie
de nous faire partager leur enthousiasme pour ce projet, le Conseil
général et ses partenaires ont tendance à souffler
les réponses, et à ne parler que de ce qui les intéresse
: le tunnel.
Pour
ma part, j’aurais aimé que la consultation soit plus
globale et concerne tous nos modes de déplacement. J’aurais
notamment souhaité savoir pourquoi les gens ne prennent pas
d’avantage les transports en commun, et ce qui pourrait les
faire changer d’avis. La mise en place de deux lignes supplémentaires
de tram, jusqu’à Saint-Egrève d’un côté,
jusqu’à Meylan de l’autre, et le développement
d’un tram-train jusqu’à Crolles, permettraient
de diminuer le trafic et ce pour un coût nettement inférieur
à celui de l’hypothétique rocade.
Nous bénéficions d’une situation géographique
hors du commun, le tourisme dynamique de la région en est
la preuve flagrante ; peu de citadins, hors de Grenoble, ont la
chance de pouvoir faire un tour de téléphérique
à la pause déjeuner. Alors certes, la montagne mord
sur la ville, occasionnant un plan de circulation différent
de celui d’une ville de plaine. Certes, la situation de la
cuvette grenobloise crée d’indéniables difficultés
de circulation, mais elles ne sont pas insurmontables.
Axer la politique de déplacement sur les modes de transports
doux (tram, bus, vélo) serait un vrai pas en avant et préserverait
ce qui fait que cette région est si agréable à
vivre.
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