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N° 97 Octobre - Novembret 2007
Une contraception sur mesure
Par Marie Guyard
La
ceinture de chasteté, c’est dépassé.
Il existe aujourd’hui une telle variété de moyens
de contraception que vous pouvez choisir celui qui vous ira comme
un gant…
Depuis quelques semaines, un brin de scepticisme
accueille la campagne “choisir sa contraception – la
meilleure contraception, c’est celle que l’on choisit”,
lancée par le ministère de la Santé et l’Institut
national de prévention et d’éducation pour la
santé.
À notre époque hypersexualisée, où la
moindre publicité affiche des corps complètement dénudés,
est-il encore utile de nous faire la leçon sur la contraception,
comme à des adolescents pris en faute ?
Et bien oui, justement. Même si la contraception est aujourd’hui
nettement plus répandue qu’il y a trente ans, il semble
qu’à part la pilule et le préservatif masculin,
les autres moyens de contraception restent méconnus. Aujourd’hui,
la pilule symbolise toujours la libération de la femme et
la maîtrise de sa sexualité, elle peut néanmoins
s’avérer mal adaptée à certaines personnes.
Selon une étude réalisée en 2004 par l’INSERM,
60% des femmes prennent la pilule, mais 20% ont oublié de
la prendre au moins une fois dans le mois, 31% au moins une fois
dans l’année, risquant une grossesse.
Le stérilet est utilisé par 24,5% des femmes, mais
est encore cantonné aux mères. Entre des contraceptifs
systématisés et d’autres mal utilisés
ou réservés à une seule catégorie de
femmes, le tableau n’est pas des plus réussis.
On sait aujourd’hui que la meilleure contraception est celle
qui est vraiment adaptée à la personne et à
son mode de vie. Pourtant, la systématisation du parcours
contraceptif (préservatif pour les jeunes, pilule ensuite
et stérilet après les enfants) est de mise. Pourquoi
?
Les raisons sont multiples. Certes, certains médecins privilégient
la solution de facilité en prescrivant la pilule automatiquement
à toute femme voulant bénéficier d’une
contraception, sans forcément informer sur les autres moyens
existants. Mais ce serait se voiler la face que de se contenter
de cette unique explication, car les médecins ne sont pas
les seuls responsables : on constate que beaucoup de personnes ont
encore des idées reçues non seulement sur la contraception,
mais aussi sur la sexualité, le fonctionnement du corps.
22% des Français (et 34% des 15-24 ans) pensent que la pilule
peut rendre stérile, 53% pensent qu’il n’y a
aucun risque de grossesse pendant les règles.
Il semble plus facile de demander la pilule que de parler de sa
sexualité, et la manière dont on la vit. Qui ne se
souvient pas de certains professeurs de lycée la cantonnant
à quelques heures dans l’année (quand ils ne
l’oubliaient pas totalement !), ne sachant pas comment répondre
à nos questions d’ados pouffant à la simple
évocation de l’appareil reproducteur ?
…
Alors,
pourquoi ne pas renouer avec votre corps et vous offrir un moyen
de contraception sur mesure ? Vous trouverez sûrement de quoi
vous faire plaisir sans arrière-pensée :
• la pilule,
en sachant que les pilules non remboursées ne sont pas forcément
meilleures que les autres ;
• l’implant, petit bâtonnet inséré
sous la peau, qui fonctionne comme la pilule mais de manière
permanente) ;
• la cape cervicale,
dôme très souple qui vient recouvrir le col de l’utérus,
réutilisable ;
• le diaphragme,
petite coupelle à placer au fond du vagin avant chaque rapport,
réutilisable ;
• Le patch,
il se change toutes les semaines, trois semaines sur quatre, et
fonctionne comme les patchs anti-tabac, avec des hormones à
la place de la nicotine ;
• l’anneau vaginal,
anneau souple inséré dans le vagin trois semaines
sur quatre ;
• le dispositif intra-utérin,
improprement appelé stérilet et cantonné aux
femmes ayant déjà eu des enfants, alors qu’il
peut être très bien adapté à des femmes
jeunes sans enfants puisqu’il est remboursé, mis en
place pour plusieurs années, qu’il n’y a aucun
risque d’oubli, ni d’infection ou de stérilité
;
• les spermicides,
sous forme d’éponge, d’ovule ou de gel, à
placer dans le vagin avant chaque rapport ;
• les préservatifs féminins
et masculins, qui restent de surcroît le seul
moyen de protection contre le virus du Sida et les infections sexuellement
transmissibles.
Certes la liste est longue, et le choix est vaste… Mais ils
sont à la mesure du sujet. En effet, en 2004, 72% des femmes
ayant subi une interruption volontaire de grossesse utilisaient
un moyen de contraception. Une contraception si elle est mal adaptée,
n’est plus le rempart infaillible contre une grossesse. Avoir
une contraception la plus personnalisée possible permettrait
de la rendre plus fiable, et aux femmes (et aux hommes !) de vivre
leur sexualité pleinement…
Le Planning Familial de Grenoble a été le premier
centre du planning familial à ouvrir en France en 1961, et
reste, contre vents et marées, un endroit refuge pour parler
de soi, de sexualité, de manière simple et saine.
C’est un endroit formidable où l’égalité
des individus n’est pas un vain mot, où vous êtes
le bienvenu que vous soyez un homme ou une femme, mineur ou plus
âgé, quelles que soient vos questions. Vous pouvez
y consulter des médecins, que vous soyez assuré social
ou pas (les consultations étant gratuites pour les non-assurés
et les mineurs.) C’est évidemment le lieu idéal
où obtenir une contraception adaptée à votre
situation. Cerise sur le gâteau, c’est aussi un centre
de documentation très fourni.
Mouvement Français pour le
Planning Familial
30 bd Gambetta
38000 Grenoble
Tél. : 04 76 87 94 61
mfpf-isere@wanadoo.fr
www.planning-familial.org
Horaires
Du lundi au jeudi : 9h–19h30
le vendredi : 9h–17h30. Fermé le mardi matin.
Horaires modifiés pendant les congés scolaires.
On peut conseiller également aux surfeurs
du WEB, l’excellent site de Martin Winckler sur la contraception
www.martinwinckler.com
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