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N° 98 Décembre 2007 - Janvier 2008
Vladimir Maïakovski
Cosmos Incorporated
Poèmes
– 1913-1917
Vladimir
Maïakovski
Par Raphaël Ollivier-pallud
Vladimir Maïakovski (1893-1930) était un artiste russe
touche-à-tout. Il fut poète, auteur, dramaturge, acteur,
peintre, affichiste et scénariste. Il a été
l’un des fondateurs du futurisme russe, mouvement qui rejetait
la tradition esthétique de son temps et exaltait le monde
moderne, la vie urbaine.
Le recueil « Poèmes-1913-1917 », est une très
bonne traduction de ses premiers poèmes ainsi que d’une
pièce de théâtre : « Vladimir Maïakovski
(tragédie) » qui sera copieusement sifflée lors
de son unique représentation à Saint-Pétersbourg
en 1913 car trop avant-gardiste. L’un de ses poèmes,
« le Nuage en pantalon », fruit de sa relation tumultueuse
avec Lili Brik (sœur d’Elsa Triolet) est un véritable
manifeste du futurisme : « A bas votre amour, à
bas votre art, à bas votre ordre, à bas votre religion
», quatre cris pour quatre parties.
En 1917, il compose « l’Homme (chose) », du pur
Maïakovski, où il associe l’humour et le tragique,
et lie l’autoportrait aux grands thèmes philosophiques
et politiques. Le poème est découpé à
la manière des évangiles : nativité de Maïakovski,
vie de Maïakovski, passion… jusqu’au final : «
Sous moi, / le monde / et son millier d’églises / ont
entonné / le requiem ».
Traduit par C. Frioux. Ed. bilingue, l’Harmattan.
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Cosmos
Incorporated
Maurice
G. Dantec
Par Henri Chevalier
Réinitialisation d’un homme. Petit
à petit, Plotkine, personnage reprogrammé dans un
but précis, apprend ce qu’il est, d’où
il vient et ce qu’il va devoir faire : tuer un homme dans
la grande cité robotisée qu’est Grande Jonction.
Mais au-delà, son acte participe d’un secret qu’il
découvre, pas après pas, un secret extraordinaire.
Familier des mondes apocalyptiques du cyberpolar, Maurice Dantec
mêle, comme à son habitude, la SF, la politique et
la métaphysique, pour nous intégrer à un univers
mystique, cauchemardesque et hypnotique. Ici encore, comme dans
ses premiers romans (« La Sirène rouge » ou «
Les Racines du mal »), il explore le monde, avec des accents
schizophréniques, et tente de nous mettre en garde contre
le chaos qui nous attend. Écrivain combattant, il forge un
langage scientifique dont il se sert comme d’une arme. Du
coup, le texte est bondissant, révolté, imprécatoire,
troublant voire inquiétant, mais si souvent poétique
et éblouissant.
Cela dit, le tapageur Dantec (cf. ses propos sur l’islamisation
de l’Europe) se perd parfois dans des digressions alambiquées
qui nécessitent beaucoup d’attention au lecteur. Non
sans de nombreux paradoxes parfois déroutants, ce Dantec-là
(comme les autres) ne laisse cependant pas indifférent, comme
l’auteur lui-même, d’ailleurs. Tant mieux.
Disponible en Livre de poche et chez Albin Michel.
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