À la découverte d’une coopérative dont l’activité a trait à l’écriture et à la communication. Une embarcation originale…
C’est dans les flots parisiens de l’information et de la communication qu’a vu le jour La Péniche en 1996, à l’initiative de plusieurs rédacteurs et pigistes qui, suite à un licenciement économique, ont décidé de travailler ensemble selon un mode de fonctionnement coopératif. La Péniche a été la réponse à la question : « Comment travailler ensemble en donnant à l’activité une plus-value plus importante que tout seul ? » Et c’est ainsi que le vieil adage « l’union fait la force » a été mis en application au service des métiers de la rédaction. Très vite, l’activité s’est orientée vers le domaine de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), parce que proche de leurs valeurs éthiques et morales. Mais, selon Odile qui s’est exprimée au nom de l’équipe, ceci « n’a pas empêché La Péniche de travailler pour Sony». Comme quoi, la rentabilité a parfois raison des valeurs que l’on porte. Depuis trois ans, après un déménagement, La Péniche vogue désormais sur les eaux grenobloises. Les membres de l’équipage ont changé et l’activité a évolué, même si elle reste toujours principalement la rédaction. La Péniche surfe désormais sur la vague d’Internet. Ainsi, « on est moins sur l’article long […], mais plus sur le documentaire web et l’édition de newsletters*». Toutefois, depuis son origine, ce qui rend cette structure de communication originale, c’est avant tout son mode de fonctionnement.
Sur la Péniche, il n’y a ni mousse, ni capitaine, tout le monde est à la barre. La base du fonctionnement est l’autogestion. « On cherche le consensus, on n’a jamais voté à La Péniche. Tout se discute ensemble, et ceux qui ont des arguments convainquent les autres. Je ne sais pas si c’est dû aux personnalités qui travaillent ici, mais on n’a jamais eu de clash énorme. » En matière d’investissement, les parts de tous dans le capital de La Péniche sont égales, pour éviter que les enjeux des uns et des autres soient différents. Le salaire aussi est égal, à la virgule près. Un des dangers de l’autogestion est de prendre l’aval sur les décisions à partir de sa compétence et de sa spécialité, donc chaque dossier est divisé en tâches pour que chacun y participe. « On fait une réunion par semaine pour déterminer le travail qu’il y a à faire et qui se charge de quoi. La semaine suivante, on fait le bilan et on voit ce qui reste à faire. » Tout le monde s’occupe de la gestion, du travail opérationnel, du commercial, tout le monde voit l’ensemble et « cela donne du sens à ce qu’on fait ». Odile explique que l’autogestion prend du temps, mais que ça n’empêche pas de garder l’œil sur la rentabilité. « Vis-à-vis des clients, on est soumis aux mêmes délais. »
« Où je travaillais avant, je subissais les décisions, avec une hiérarchie pyramidale, où ça descendait mais ne remontait jamais. En arrivant ici, j’ai vu à quel point c’était facile pour tout le monde, j’étais surprise que ce système ne soit pas plus connu, plus répandu. » On souhaite bon voyage à cette Péniche, en espérant que d’autres, une flottille ou une escadre, choisiront de naviguer sur les mêmes eaux.

* Lettre d’information électronique.


Scop la Péniche
13 rue de l’Abbé-Vincent
38600 Fontaine

Site : www.la-peniche.fr
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