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Et si le développement durable
durait plus d’une semaine ?
Par Marie Guyard - avril 2007
La semaine dernière, c’était
la semaine du développement durable. Mise en place par le
ministère de l’environnement, elle a pour but d’informer
un large public. C’est une bonne idée : plus on parlera
de développement durable, et mieux ce sera. Les français
étaient 23 % en 2002 à en avoir entendu parler, ils
sont aujourd’hui 57 % : toute action commence par une prise
de conscience.
C’est peut-être aussi une bonne occasion de rappeler
que le développement durable est devenu un formidable argument
de marketing : pas une marque ne fait l’économie de
son petit argument développement durable, commerce équitable,
bio ou autre. Il faut faire très attention aux informations
que nous manipulons : souvent derrière une vérité
se cache, dans le meilleur des cas, une imprécision pouvant
entraîner le contraire du but recherché. Par exemple,
quand on parle des moyens d’économiser l’eau,
on peut trouver la mention de ces chiffres, apparemment non contestables
: une vaisselle à la main dépense 60 litres d’eau,
alors qu’un cycle économique de lave-vaisselle n’en
dépense que 40 litres : il est donc préférable
de faire la vaisselle à la machine ! Et l’on s’empresse
de relayer l’information : pas un article sur l’économie
de l’eau n’oubliera de mentionner ce détail,
et surtout, pas une marque de lave-vaisselle ! Alors que la vérité
est légèrement différente : les chiffres avancés
sont exacts, certes, mais manquent un peu de précision :
un cycle éco de lave-vaisselle fait bien 40 litres, et une
vaisselle à la main, tout robinet ouvert, en fait bien 60.
Mais si vous mettez sur votre robinet un limitateur de débit
(qui réduit le débit de moitié, 6 euros environ,
dans tous les magasins de bricolage), la vaisselle à la main
ne vous coûte plus que 30 litres. Et si jamais il vous vient
l’idée de faire la vaisselle en bouchant votre évier,
ou avec une bassine, votre vaisselle n’utilise plus qu’une
douzaine de litres d’eau. Quand on ajoute à ça
le fait que la production d’une machine comme un lave-vaisselle
a également dû coûter son pesant d’eau
et de produits chimiques, l’équation paraît sérieusement
déséquilibrée…
Nombreuses sont les marques qui utilisent et détournent les
arguments écologiques : c’est un effet pervers de la
mode « nature » d’aujourd’hui. À
nous, citoyens éclairés, de rester vigilants, et de
ne pas oublier que la production à outrance entraîne
forcément des dégâts écologiques, que
vouloir une salade de tomate en plein mois de décembre est
une véritable hérésie biologique (de même
que les fraises dès le mois de février), que les meubles
en bois exotiques c’est chic, mais qu’il y a de fortes
chances pour qu’ils proviennent illégalement d’une
forêt primaire*…
* forêt intacte qui n’a jamais été
exploitée ni directement influencée par l’homme
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