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Janv-mars 2004
L'OR BLEU, POUR LE MEILLEUR
ET POUR LE PIRE
par Julien Glandut
Quel
bel endroit que la Terre ! La planète bleue comme on l'appelle
souvent, elle qui a vu de ses eaux naître la vie mais qui
maintenant tend à la voir disparaître en raison de
la raréfaction de cet élément fondamental.
Boire un verre d'eau, prendre une douche, arroser
ses plantes ou ses cultures : des gestes de la vie quotidienne a
priori insignifiants mais qui sont en fait des actions destinées
aux privilégiés de la planète. Tout le monde,
en effet, n'a pas accès à l'eau, élément
pourtant naturel et apparemment abondant. À l'heure actuelle,
sur 6 milliards d'êtres humains plus de 1,3 milliards n'ont
pas accès à l'eau potable, 2 milliards sont privés
d'installations sanitaires et 4 milliards ne sont pas raccordés
à un réseau d'assainissement (l'eau contaminée
tue chaque année 5 millions d'individus).
Ces problèmes, qui concernent notamment
les pays d'Afrique, du Proche-Orient et d'Asie, sont sources de
conflits au sujet de l'exploitation de leurs faibles ressources
en eau, ainsi que d'un accroissement des inégalités
aussi bien à l'intérieur même de ces pays qu'entre
les deux hémisphères de la planète. Voici un
exemple frappant : un européen consomme en moyenne 200 litres
d'eau par jour, et un palestinien environ 10 litres.
Dans 25 ans, la pénurie
en eau risque de toucher plus de 5 milliards d'individus.
Outre ces constats, un autre problème majeur
se profile : la pénurie mondiale en eau. Au siècle
dernier, la consommation en eau est devenue excessive : la population
mondiale a triplé tandis que la demande en eau a sextuplé.
Ainsi, la gestion actuelle des ressources en eau fait entrevoir
un avenir des plus sombre, puisque d'ici à 2025 les deux
tiers de l'humanité, qui devrait alors représenter
plus de 8 milliards d'individus, manqueront d'eau potable.
Le vrai problème
est plus le mode de consommation que le nombre croissant de terriens.
Diverses organisations dont l'Organisation des
Nations Unies (ONU) et sa branche scientifique, éducative
et culturelle, United Nations Educational, Scientific and Cultural
Organization (UNESCO) travaillent sur ce sujet. En mars dernier
s'est tenu à Kyoto le 3e forum mondial de l'eau. À
cette occasion, le rapport plus que préoccupant du Programme
mondial pour l'évaluation des ressources en eau, chapeauté
par l'ONU et l'UNESCO, est paru et a fortement alarmé l'assemblée.
Des solutions existent et vont être mises en place. D'abord,
accroître les investissements consacrés aux ressources
en eau : ils doivent doubler et atteindre ainsi 180 milliards de
dollars. Ensuite, ces investissements permettront d'enclencher des
travaux : recycler et assainir les eaux usées, préserver
les réserves, trouver et utiliser de nouvelles techniques
d'irrigation, construire et rénover les structures de production
et de distribution d'eau potable.
Après 2003, qui était l'année
internationale de l'eau douce (à l'initiative du gouvernement
du Tadjikistan et de l'ONU) et en espérant que les différentes
solutions soient appliquées au plus vite et à l'échelle
mondiale, la journée mondiale de l'eau nous donne rendez-vous
le 22 mars prochain, pour réfléchir à cette
question.
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