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Les troubles du comportement
alimentaire
Par Danièle Lanfrey
Les
causes du surpoids
Au quotidien, nous sommes en permanence confrontés à
la nourriture puisque manger est un besoin vital.
Manger implique un facteur culturel et comporte également
une connotation affective : l’alimentation est en tous cas
un sujet sensible parce qu’elle peut être pour certains
individus une forme de compensation très importante. Par
ailleurs, la relation à la nourriture est toujours une question
très personnelle.
Cerner les comportements à risque et les
abus éventuels permet d’éviter les conséquences
fâcheuses dues à une hyperalimentation. Quant à
la crise de boulimie qui n’entraîne pas forcément
un surpoids, et qui est du reste, de nature différente, elle
constituera pour certaines personnes un moyen de gérer une
déception, des soucis ou des angoisses. Elle peut également
remplir un vide. L’anorexie, pathologie indiscutablement liée
à l’interaction de la relation avec l’entourage
et de l’alimentation, quant à elle, met en évidence
des carences nutritives.
Les anorexiques, en effet, font un usage détourné
de la nourriture dans le registre de la privation, à l’inverse
des hyperphagiques qui mangent sans modération.
Par ailleurs, les bas revenus sont les plus touchés par le
phénomène socioculturel de l’hyper alimentation
parce qu’une fraction de cette population va privilégier
dans certaines circonstances, une nourriture à bas prix,
très calorique et souvent de mauvaise qualité. La
nourriture devient un enjeu : cette dernière peut être
considérée en soi-même par certains comme une
source de réconfort indépendamment de ses qualités
nutritives.
Lorsque la nourriture
devient une compensation
Manger quelque chose qui fait plaisir adoucit entre autres notre
sentiment de solitude.
Au sein de la société française dont la tradition
culinaire n’est plus à démontrer, c’est
sans doute l’un des moyens de se comporter en bon vivant,
de manière à s’attirer la sympathie de son entourage.
Il n’est jamais facile de changer ses habitudes alimentaires
et souvent l’on culpabilise les mères de famille qui
ne peuvent refuser à leur enfant un verre de Coca Cola, par
exemple, dans la mesure où la famille endure déjà
nombre de privations. On est souvent tenté de revenir à
ses automatismes habituels et d’ingérer des aliments
qui contribuent notamment à apaiser le stress sachant que
ce dernier gagne de plus en plus notre société moderne
axée sur la réactivité Les nombreux problèmes
liés à la nourriture sont dus aussi en partie à
notre relation à la société d’abondance
qui propose maintes denrées sur ses étals à
tout moment de la journée, multipliant par ce biais les tentations
sans que l’éducation à l’alimentation
soit toujours à la hauteur.
En tous cas, il y a à coup sûr de très nombreux
facteurs à l’œuvre dans les pathologies relevant
de la relation à la nourriture.
Les remèdes
:
Les recommandations du médecin-conseil du point ressource-santé
de l’Oiseau Bleu .
Mais s’il faut se rationner, en revanche l’essentiel
est de préserver la part de plaisir inhérente à
toute prise de nourriture et parallèlement, on doit se tourner
vers des exercices physiques nécessitant peu d’argent
; il est indéniable que la marche à pied sur des sentiers
ou dans des parcs est une activité agréable qui permet
de se dépenser sans dépenser pour autant. Si vous
préférez danser, libre à vous de vous adonner
à cette activité plaisante qui contribuera à
vous faire perdre efficacement du poids sans trop d’efforts.
La natation ne semble pas non plus une pratique très contraignante,
surtout pendant l’été mais il y a d’autres
possibilités. Pour certaines personnes, privilégier
une activité de loisirs telle que la balade dans un cadre
naturel ou même le bowling peut être envisagé
comme une solution adéquate.
Les notions d’équilibre et de plaisir sont au cœur
des démarches relatives à la reprise de confiance
en soi. Seules les personnes fortement motivées et convaincues
du bien-fondé de leur démarche peuvent réussir
sachant que la perte de poids sera effective seulement sur le long
terme.
En ce qui concerne les personnes les plus en difficulté,
celles qui peinent à suivre un régime alimentaire,
régime qui est en soi de toute façon loin d’être
une évidence- elles peuvent solliciter le soutien de professionnels
:Le médecin du point ressource-santé de l’association
l’Oiseau bleu, Anne Liber, entre autres spécialistes,
les conseillera, dans un premier temps, en fonction de leurs attentes
et les orientera, dans un second temps, en direction de nutritionnistes.
Il y a sur l’agglomération grenobloise plusieurs praticiens
qui peuvent vous aider.
On peut également consulter un médecin nutritionniste
agréé au Centre hospitalier de Grenoble qui prodiguera
des conseils utiles.
Le recours à la diététicienne,
autre solution adaptée pour venir à bout de la surcharge
pondérale.
L’une des solutions pertinentes consiste à tenir un
carnet alimentaire
de façon à circonscrire ses mauvaises habitudes nutritives
et à définir les remèdes précis : éviter
le grignotage, boire un grand volume d’eau, rationner les
féculents, laisser de côté les bonbons …etc.
Régime et activité vont de pair car l’exercice
physique est un soutien durant les moments d’ennui ou d’irritation.
Un régime raisonnable et personnalisé s’impose
pour venir à bout des kilos superflus.
En outre, il faut accepter de maigrir lentement contrairement à
l’engouement pour les régimes records si fréquemment
vantés par la presse !
Il ne faut pas que le recours au régime soit systématique
par exemple parmi les adolescents très soucieux de leur apparence
physique ou chez les personnes désireuses de répondre
à des critères purement arbitraires (les exigences
particulières d’une profession, par exemple) au détriment
de la santé.
Personne ne doit mettre sa santé en danger durant un régime
alimentaire.
La décision de débuter un régime en bénéficiant
des conseils d’une diététicienne ne doit en
aucun cas perturber la vie familiale ou désorganiser la vie
professionnelle sous peine d’être inopérante
et source de frustrations.
Ce genre de démarche suppose que l’on puisse s’appuyer
sur des professionnels ou simplement bénéficier de
la compréhension de son entourage : il suppose une conduite
volontaire sur plusieurs mois voire sur plusieurs années
dans la mesure où chaque écart pèse sur le
résultat final.
Les contraintes ne sont pas identiques pour une personne qui souhaite
mincir de quelques kilos par rapport à une autre qui a besoin
de perdre une importante surcharge pondérale en raison des
risques encourus pour sa santé. C’est une inégalité
à prendre en considération.
L’obésité, la surcharge pondérale
ou au contraire la dénutrition sont des phénomènes
liés essentiellement à l’affectivité
et aux contingences de la société moderne d’abondance
au sein de laquelle nous vivons et progressent, en partie, en raison
des lacunes de notre pays en matière d’éducation
à la nourriture.
Des données chiffrées émanant de statistiques
officielles démontrent que les bas revenus sont souvent tentés
d’adopter de mauvaises habitudes alimentaires pour compenser
un pouvoir d’achat très faible.
De multiples raisons psychologiques ou sociales et même parfois
simplement dues à une tendance génétique à
prendre du poids ou au contraire à en perdre facilement ainsi
que certaines circonstances difficiles de la vie expliquent le constat
préoccupant des médecins français en matière
des troubles du comportement alimentaire. On ne saurait être
complet sur les motifs qui encouragent les comportements alimentaires
compulsifs.
L’obésité ainsi que la surcharge pondérale
progressent dans la société à une vitesse record,
notamment en ce qui concerne les enfants.
L’obésité et le surpoids sont des fléaux
sociaux qu’il convient de combattre à la fois par des
mesures préventives collectives telles que l’éducation
à la santé et par des mesures individuelles en ayant
recours aux régimes alimentaires personnalisés. C’est
un des enjeux sanitaires de notre époque.
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