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à vie locale
En hommage à Stendhal
Par Danièle Lanfrey
Une exposition sur Henri Beyle, dit Stendhal, intitulée la
révolte et les rêves se tient actuellement à
la bibliothèque Maréchal-Lyautey, à Grenoble.
L’animation débute même dans le hall de
la bibliothèque où un écran de bonne dimension
diffuse les commentaires d’écrivains portant à
la fois sur l’homme et l’œuvre. On remarque une
vue d’ensemble de la ville de Grenoble au XIX ème siècle
à l’entrée de l’exposition qui s’appuie
sur des documents essaimés dans six espaces compartimentés.
Le premier espace contient des portraits de la famille de l’écrivain
dauphinois. Le portrait de Pauline, la sœur de Stendhal qui
est mis en évidence car l’enfant l’aimait beaucoup.
On note qu’Henri avait une passion farouche pour sa mère,
morte en couches alors qu’il n’avait que sept ans, passion
qui ne s’est jamais éteinte.
On peut apercevoir un portrait de l’oncle de l’auteur,
Romain Gagnon qui a introduit Stendhal à la vie littéraire
locale. En outre, son grand-père, le Docteur Henri Gagnon
lui a tenu lieu de père et de confident.
Nous pouvons deviner le vif intérêt de l’adolescent
pour le salon de sa tante.
A droite, nous avons une représentation de la maison Gagnon,
sous les treilles, place Grenette, à Grenoble. Bâtisse
cossue de la haute bourgeoisie à l’aspect attractif
: ses appartements s’étendent sur deux étages.
C’est de l’une de ses fenêtres qu’il a assisté
à la journée des Tuiles en 1788, événement
qui l’a vivement marqué.
Nous retrouvons sur l’un des panneaux de l’exposition
un plan manuscrit de Grenoble à très grande échelle,
datant de 1776 ; il trône dans le fond du premier espace.
Près de l’entrée, sur la gauche, on trouve dans
une pièce attenante, un écran sur lequel on peut visionner
une adaptation dramatique portant sur l’enfance de l’écrivain
inspirée de la « Vie de Henry Brulard*». Dans
le second espace, il y a toute une floraison de portraits de femmes,
notamment italiennes , donnant à penser que l’amour
fut « la grande affaire de sa vie ».
Angelina Pietragrua, Amalia, Virginie Kubly, Mathilde Dembowsky
- qui a donné du reste ses traits à Madame de Chasteller
dans « Lucien Leuwen » - ont tour à tour habité
ses rêves.
Dans le troisième espace, des illustrations sur l’Italie
se trouvent en bonne position car ce pays peut être considéré
comme la terre de prédilection de l’auteur grenoblois.
Il adorait la musique de Cimarosa, les promenades dans Rome, Florence
et la Scala.
N’oublions pas que Stendhal fut fonctionnaire impérial
en Allemagne et en Italie. Il a suivi Bonaparte de Naples à
Moscou. L’homme aura toujours une vénération
pour le jeune général révolutionnaire et ne
voudra retenir de Napoléon que sa glorieuse jeunesse.
Le thème du voyage et plus généralement celui
du tourisme est également illustré dans l’avant-dernier
espace de l’exposition et de larges extraits du « Journal
de Henry Brulard » défilent sur un écran, à
droite. Stendhal a toujours cultivé sa passion pour les voyages
et nous découvrons avec un certain amusement le croquis surdimensionné
d’un touriste au XIX ème siècle esquissé
à la façon des caricatures figurant sur les journaux
de l’époque. Le personnage possède un calepin
pour donner libre cours à sa verve et pour conserver des
traces de ses pérégrinations : il véhicule
avec lui tout un art de vivre.
La Monarchie de Juillet est par ailleurs évoquée au
travers de caricatures du roi et de ses courtisans.
A gauche, sont exposés dans le dernier espace de l’exposition,
les fac-similés du « Rouge et du Noir » et de
« Lucien Leuwen », deux œuvres majeures de Stendhal.
Nous avons le sentiment que, dans ce parcours balisé, chaque
chose est à sa place.
Cette exposition est attachante car elle met en évidence
des documents d’époque d’importance cruciale
dans l’existence de Stendhal : elle s’efforce d’apporter
une note vivante et colorée à l’ensemble.
C’est une exposition susceptible d’intéresser
les collégiens et les lycéens d’autant plus
s’ils se munissent du dossier pédagogique présenté
par la bibliothèque d’Etude ; ce dernier comprend plusieurs
volets se référant aux différentes étapes
de l’existence de Stendhal. Mais pas seulement, car il servira
de fil rouge tout au long de l’exposition en vous en offrant
des points de repère dignes d’intérêt.
* L’autobiographie de l’auteur
Exposition Stendhal intitulée
« La Révolte et les rêves » jusqu’au
7 mars 2007
Bibliothèque d’Etude et d’Information
04 76 86 21 00
12 boulevard Maréchal-Lyautey à Grenoble
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