Rebondir après le RSA. La détermination, un atout majeur pour un retour vers l’emploi

TRAORE BAMBY raconte son parcours

Qui est TRAORE BAMBY ?
Ancienne bénéficiaire du RSA pendant près de 8 ans et mère de 5 enfants, TRAORE BAMBY travaille actuellement comme Aide à Domicile chez Action Service depuis Février 2020. Sans diplôme initial et sans emploi pendant plusieurs années, TRAORE BAMBY a financé seule sa formation à distance de Développeuse web et Mobile pendant près de 3 ans. Elle a ainsi obtenu son diplôme équivalent au bac grâce à sa détermination. Aujourd’hui, en parallèle avec son travail, elle poursuit sa formation à distance BAC +2 avec son compte CPF(compte personnel de formation).

Comment vous êtes- vous retrouvée au RSA?
J’ai un passé très difficile que je n’ose pas raconter. La situation de ma famille était tellement compliquée que je me suis retrouvée au Sénégal où j’ai passé près de 10 ans. A mon retour en France, j’étais enceinte de 5 mois. Sans diplôme ni travail, je n’avais aucun revenu. Ce qui justifie ma situation de bénéficiaire du RSA pendant près de 8 ans.”

Aviez-vous un accompagnement dans le cadre du RSA?
Oui mais ça ne me semblait pas très intéressant du fait de l’obligation d’avoir des projets dans le cadre du contrat d’engagement réciproque (CER). Au départ, je ne voulais pas travailler, ce n’était pas une priorité pour moi. Je n’étais pas diplômée, et je n’avais pas l’intention de faire une formation ni d’aller vers l’emploi. Je n’y pensais même pas. Mon unique priorité était l’éducation de mes enfants. Je ne voulais pas qu’une autre personne assure mon rôle. Je me contentais du RSA pour assurer leur éducation.

Le contrat d’engagement réciproque (CER), un casse-tête pour les bénéficiaires du RSA?
“Au début, je ne voulais pas faire de projets dans le cadre de mon accompagnement RSA. C’était une exigence de trop pour moi étant donné que travailler n’était pas ma priorité. J’avais l’impression de vivre sous pression lorsque ma référente m’en parlait. Mais après un grand nombre de difficultés rencontrées, je commençais à remettre en question l’avenir. Avec plus que deux enfants à charge au lieu de cinq, je réfléchissais à des changements. J’ai commencé alors à m’interroger sur ce que je pouvais faire sans passer par le CER. J’ai changé de ville, d’où l’idée de faire une formation à distance. Mais comme je n’avais pas signé le contrat d’engagement réciproque et n’avais pas de projet précis dans ce cadre, je ne pouvais pas bénéficier d’un financement immédiat pour réaliser mon projet. Déterminée à atteindre mes objectifs, j’ai décidé de financer seule ma formation, ce qui n’est pas aisé lorsque l’on est au RSA. Après 3 ans de formation à distance j’ai eu envie de travailler, mais je ne trouvais rien. Avec cette expérience, j’ai réalisé que le contrat d’engagement réciproque offre plusieurs opportunités de formation et d’emploi.

Qu’est-ce qui vous a motivé à aller vers l’emploi?
Ma vision des choses a changé en commençant le nouvel accompagnement avec Virginie TERRANCLE, la Chargée d’insertion des pays voironnais. Grâce à ses méthodes de travail et ses conseils, j’ai trouvé de la motivation pour m’engager dans le cadre du RSA.
J’étais déterminée à trouver quelque chose qui m’aiderait à vivre mieux après plusieurs difficultés rencontrées. Elle m’a fait une proposition de formation et d’emploi dans le métier de l’aide à la personne. Avec son orientation, j’ai eu mon premier contrat en insertion dans une blanchisserie. Mais quelques mois après, j’ai eu un accident et j’ai dû arrêter. Après plusieurs mois d’arrêt, j’ai recommencé ma recherche d’emploi. Aujourd’hui, je travaille comme aide à domicile et je continue ma formation à distance.

Comment appréciez-vous votre métier?
Quoique le métier que j’exerce aujourd’hui ne cadre pas avec ma formation de développeuse web, je suis contente d’avoir trouvé un emploi qui me permet de trouver de l’autonomie. Grâce à cet emploi, je continue ma formation à distance avec mon compte personnel de formation (CPF).

Quels conseils pourriez-vous donner aux bénéficiaires du Rsa ou aux professionnels dans le cadre de cet accompagnement?
Aux bénéficiaires, je dirai de ne pas se mettre des barrières. Il faut profiter des opportunités qui sont offertes, notamment des formations. Mettre en avant ses compétences même sans diplôme. Être soi-même motivé et déterminé à avancer, suivre des conseils et orientations des référents si possible.
Quant aux professionnels, je dirai de donner la bonne information aux bénéficiaires et les orienter vers ce qu’ils ont envie de faire. Il arrive que les propositions ne correspondent pas aux objectifs visés par la personne et cela devient contraignant. Éviter de donner l’impression de les mettre sous pression, mais les aider à comprendre le sens de l’accompagnement avec des méthodes simples.

TRAORE BAMBY souhaite trouver un emploi en lien avec sa formation et continue à se former pour atteindre ses objectifs.