La Scierie, un récit anonyme

« Tant pis : il est trop tard », conclut le narrateur. Trop tard pour ne plus devenir celui qu’il est devenu en offrant deux ans de sa jeunesse au travail de force, entre la fin de ses études et l’appel sous les drapeaux, alors que rien dans son milieu social ou familial ne l’y prédisposait.

André Blanchard, « À la demande générale »

« On s’embrassera quand même »
Parce que l’ironie parcourt ce livre de la première à la dernière page, c’est par souci d’autodérision qu’André Blanchard intitule le nouveau tome de son journal A la demande générale, lui qui sourit de ses deux mille lecteurs tout en soulignant que son éditeur s’en amuse beaucoup moins.

Touriste de Julien Blanc-Gras : l’ironie en bagage accompagné

Depuis quelques années, les récits des voyageurs ont une fâcheuse tendance à prendre une tournure mégalomaniaque, véritable mise en scène de l’auteur en aventurier moderne, déroulant des rencontres inattendues et repoussant les limites de l’exploit, de la mort et souvent du ridicule. « M’as-tu vu en voyageur ? » suffirait à résumer le contenu de ces ouvrages régulièrement publiés, foisonnant d’anecdotes authentiques et de photographies normalisées, aux couleurs légèrement saturées. Une fois le livre refermé, après la page de remerciements adressés aux sponsors et mécènes, que retiendrons-nous de ces témoignages dont les commentateurs nous avaient souligné l’authenticité ? Rien ou dans le meilleur des cas pas grand chose.