Lors d’une allocution télévisée pour répondre aux préoccupations des Français, le Président de la République a émis le souhait d’instaurer des jurys populaires au sein des tribunaux correctionnels. Entretien avec Me Michèle Girot-Marc, avocate spécialisée en droit pénal et Cédric Ribeyre professeur, entre autres fonctions, à la faculté de droit de Grenoble, pour faire le point.
Quel a été votre premier sentiment à l’évocation de cette annonce ?
M.G-M. : C’est une absence globale de vision et de visibilité de la justice pénale en France actuellement. Une législation démagogique basée sur l’émotion. Le Président de la République a déclenché une guerre ouverte contre les magistrats. Je suis farouchement opposée à cette mise en place de jurys populaires.
C.R. : La surprise d’abord car une telle réforme ne paraît pas urgente et, dans un contexte budgétaire tendu, elle peut coûter cher et s’avérer difficile à mettre en oeuvre. Un sentiment aussi de lassitude devant ce qui laisse penser à une certaine méfiance envers les magistrats. En revanche, il faut reconnaître que le principe d’associer davantage les citoyens à la justice semble tout à fait pertinent.